
Le projet gigantesque de la construction d’une station balnéaire à Seignosse est né au milieu du siècle dernier.
Seignosse comptait 500 habitants, 70 fermes, plusieurs centaines de têtes de bétail et presque autant de résiniers, de chasseurs, de pêcheurs … que de pins sur le bourg. Quant aux routes vers l’océan, elles ne menaient qu’à l’actuel rond-point du Penon ou au fond du Lac. Le reste du chemin pour les amateurs de mer, était bien un chemin.
Premier exemple d’une volonté locale, mais aussi départementale et nationale, d’aménager la côte Landaise, puis Aquitaine, pour y développer le tourisme, Seignosse le Penon fut suivi par d’autres projets. Certains apparaissent aujourd’hui plus heureux que d’autres. Mais l’enjeu était de taille. Ainsi que le déclarera Valéry Giscard d’Estaing, quelques années plus tard, « l’Aquitaine ne (pouvait) rester à l’écart du progrès…Mais, instruite des excès commis ailleurs… (pouvait) concevoir pour elle-même un développement harmonieux et plus équilibré ».
Chronologie des faits
Trouver les archives complètes de ce projet titanesque est bien difficile et demanderait une recherche de plusieurs mois, que le sujet, au nom de l’histoire et du patrimoine de Seignosse, mérite. Pour notre magazine, voici une première étude, plus modeste.
D’après la note de présentation générale éditée en 1970 par la SATEL*, « Cette entreprise hardie, unique en France, est due à l’esprit d’initiative du Conseil Général des Landes, qui a décidé de promouvoir vigoureusement l’expansion touristique du deuxième département français par sa superficie. » L’ « entreprise hardie » consistait en la réalisation d’une station balnéaire, dont la capacité d’accueil atteindrait 22 000 personnes, à 2 km au nord du Lac d’Hossegor et dont le point de départ serait la plage de Seignosse le Penon. En vérité, il s’agissait de la plus grande opération touristique concertée jamais conçue en France, en site vierge.
Mais revenons en arrière.
D’après une étude réalisée en 1973 par la Jeune Chambre Economique des Landes sur Seignosse le Penon, tout commence avec la Compagnie Générale d’Aménagement des Landes de Gascogne, initiée par le Préfet du moment, Maurice Grimiaud*. Nous sommes vraisemblablement dans les années 1950 et au plan national, les instances réfléchissent tant aux modalités de reconstruction d’après guerre qu’à la promotion de loisirs et d’un tourisme accessibles au plus grand nombre. Ce qui débouchera, au début des années 60, sur une première Mission interministérielle, prépondérante pour ce qui nous concerne, sous la houlette de Philippe Saint Marc.